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 Sujet du message: Médium et police
MessagePosté: Mer Septembre 06, 2017 12:47 
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Un article de FranceInfo qui remet les pendules à l'heure :

Citation:
Disparition de Maëlys : les médiums sont-ils pris au sérieux par les enquêteurs ?


"Un homme est venu me voir, il m'a pris la main et m'a regardé droit dans les yeux. 'Je vous le dis discrètement, si vous allez à cet endroit vous trouverez la petite', m'a-t-il dit, avec tellement d'assurance... Il m'a dit qu'il avait un don depuis qu'il était gamin. Il a pointé un endroit sur ma carte avec son pendule. J'y suis allé, je n'ai rien trouvé." Nour-Eddine Ghaoui est dépité. Il est l'un des organisateurs de la recherche citoyenne organisée samedi 2 septembre à Pont-de-Beauvoisin, petite ville de l'Isère où Maëlys, 9 ans, a disparu le 27 août. Environ un millier de personnes ont répondu à son appel. Parmi elles, des médiums et des radiesthésistes.

"On m'a rapporté que l'un d'eux a forcé la porte d'une propriété privée où il pensait trouver Maëlys. Il a failli en venir aux mains avec le propriétaire. Mais la plupart d'entre eux ne se sont pas déplacés. Ils ont appelé la gendarmerie de chez eux, où ils étaient tranquillement assis sur leur canapé, au chaud", regrette ce patron d'une société d'informatique, qui habite près de Pont-de-Beauvoisin. Cinq lignes téléphoniques avaient été mises en place par la gendarmerie pour recueillir les témoignages des participants à la recherche citoyenne. "La ligne était saturée. En plus, ils n'ont pas hésité à se faire de la pub", s'emporte Nour-Eddine Ghaoui.

Des centaines de lettres et d'appels téléphoniques

Sans parler d'afflux d'appels, une source proche de l'enquête confirme à franceinfo que plusieurs médiums et radiesthésistes se sont manifestés depuis la disparition de Maëlys. Ce phénomène est récurrent. Disparues de l'Yonne, Estelle Mouzin, Xavier Dupont de Ligonnès, Fiona, famille Troadec... A chaque affaire médiatisée, des personnes contactent les enquêteurs. Ils font part de leurs rêves, visions ou intuitions dans des lettres ou lors d'appels téléphoniques. Ils affirment savoir où se trouvent les personnes disparues.

Dans l'affaire Fiona, par exemple, ils étaient des centaines. D'abord en mai 2013, lorsque la mère de la petite fille de 5 ans, Cécile Bourgeon, lance l'alerte en affirmant qu'elle a disparu dans un parc de Clermont-Ferrand. Puis quelques mois plus tard, lorsqu'elle et son compagnon avouent que Fiona est morte, sans pouvoir dire où ils l'ont enterrée. D'intenses recherches sont entreprises. Ce forum de l'Officiel de la voyance regorge de prédictions et visions. Les enquêteurs ont reçu des courriers de France et d'autres pays européens, tous avec des avis différents. Mais le corps de Fiona n'a toujours pas, à ce jour, été localisé.

Une médium s'est même invitée au procès de Cécile Bourgeon et de son compagnon, jugés en première instance devant les assises du Puy-de-Dôme. "Fiona m'a contactée", affirme-t-elle le 16 novembre 2016 à la barre, où elle est entendue comme témoin. La fillette lui a "parlé d'une croix, d'une pierre", "un panneau avec un nounours". En réalité, le Service régional de police judiciaire (SRPJ) l'avait déjà entendue en 2013. Les enquêteurs avaient vérifié son témoignage mais n'avaient rien trouvé. Trois ans plus tard, elle n'a rien apporté de plus à la cour, si ce n'est de l'agacement.

"Tout signalement est pris au sérieux"

Dans l'affaire de la disparition de Maëlys, douze enquêteurs sont mobilisés 24 heures/24, auxquels s'associent les gendarmes territoriaux de la compagnie de La-Tour-du-Pin. Que répondent ces derniers aux médiums et radiesthésistes ? "Tout signalement est pris au sérieux. Tout ce qui est vérifiable est vérifié. Un appel reste un appel, aucun n'est pris à la légère", explique une source proche de l'enquête.

On ne peut pas prendre le risque que dans six mois, on trouve un élément déterminant et que quelqu'un dise : 'Je l'avais dit aux enquêteurs !'
Une source proche de l'enquête


"On ne peut pas ne rien faire. On vérifie les endroits plausibles qu'on nous signale. C'est même un peu embêtant parce qu'on les rend quasiment crédibles", affirme à franceinfo Jean-Marc Bloch, ancien chef de la direction régionale de la police judiciaire à Versailles. Il a été en charge de l'enquête sur la disparition de la petite Estelle Mouzin, toujours non élucidée quatorze ans après. "Pendant l'enquête, nous avons reçu des dizaines et des dizaines d'appels de voyants et d'amateurs de pendules", se remémore Jean-Marc Bloch. Il poursuit : "On vérifiait, en se disant 'on ne sait jamais'. Rien n'indique qu'un témoin ne se cache pas derrière la voyance pour nous signaler de véritables éléments."

Un discours plus nuancé selon plusieurs sources

Toutefois, une autre source policière interrogée par franceinfo n'est pas aussi catégorique. "A ma connaissance, les enquêteurs ne vérifient pas, même si les médiums désignent un endroit. Ils ont bien d'autres préoccupations, détaille cette source. Il y a une très forte distance par rapport aux informations données par les médiums. Ils ne sont pas pris au sérieux dans l'immense majorité des cas."

Les informations données par les médiums ne sont pas prises en compte dans les investigations, sauf si la famille le demande.
Une source dans la police judiciaire



"Il peut arriver que la famille vienne nous voir avec des éléments récoltés auprès des médiums. On explique qu'on est réservé, mais il nous est déjà arrivé de faire des vérifications. Mais c'est très exceptionnel", précise cette source avertie dans la PJ.

"Si je n'ai pas de flashs, je ne peux pas continuer"

C'est ce qui s'est passé pour la médium Geneviève Delpech – par ailleurs veuve du chanteur Michel Delpech – dans l'enquête sur la disparition d'Arthur Angé. Parti faire le tour du monde en sac à dos depuis trois ans, ce trentenaire originaire de l'Hérault n'a plus donné signe de vie depuis fin janvier. Il se trouvait alors dans le sud-est du Bangladesh. Une zone instable frontalière de la Birmanie. Face à l'absence d'avancées dans l'enquête officielle, un proche d'Arthur contacte Geneviève Delpech. "J'ai demandé une photo et j'ai immédiatement eu des flashs. C'est comme cela que je procède. Si je n'en ai pas tout de suite, j'arrête, je réponds à la famille que je ne peux pas continuer", explique à franceinfo la médium.

"Pour Arthur Angé, j'ai donné des détails que je ne pouvais pas connaître avant ces flashs. J'ai fait des dessins d'un lieu précis au Bangladesh, que personne ne trouvait, et où je suis persuadée qu'Arthur est passé. Quand sa mère les a vus, elle m'a crue. Elle a donc obligé le ministère de l'Intérieur et l'ambassade de France à y aller. Ce n'était pas facile car c'est une zone dangereuse. Nous étions sous étroite protection", raconte Geneviève Delpech. Sur place, la médium et la famille